Nguyen Thi Nguyet Thu P, Dang Hong
Phong V, Nguyen Thi Ke V, Nguyen Le Trang P.
PInstitut Pasteur de Ho Chi Minh Ville, 167
Pasteur – Dist. 3, HCM Ville,
VInstitut National de production de vaccins
et de produits biologiques, 9-Pasteur, Nha Trang.
La
sérothérapie antivenimeuse est actuellement admise comme le seul traitement spécifique des envenimations. Quand
Calmette venait à Saigon pour organiser la première filiale d’outre-mer de
l’Institut Pasteur à Paris, certainement les travaux d’alors tout récents de
Metchnikoff, Behring, Kitasato, Roux, Yersin, Veillard, Faber, Fraser...
animaient vivement son esprit. En Octobre 1891, Calmette obtenait des “Cobras capello” vivants et ce n’était plus des toxines microbiennes qu’il
préparait mais des toxines extraites des glandes d’animaux (1). Après quatre
ans de recherches, en 1895, un sérum de cheval immunisé avec du venin de cobra
fut utilisé pour traiter avec succès “un
Annamite cruellement mordu par un Naja”
(2). Ce sérum anti-cobraique ne trouvait pas de spécificités vis-à-vis des
toxines des serpents d’Amérique du Sud (3) et d’Australie (4). Par contre, les
sérums anti-crotalique et anti-bothropique produits par le Dr. Vital Brazil se
trouvaient efficaces dans le traitement des malades mordus par les serpents des
plantations de café de l’état de Sao Paulo (5). Le sérum anti-cobraique était
certes très utiles pour sauver la vie à de nombreux victimes en Cochinchine (et
probablement aussi en Inde). D’après les villageois de la régions de Bac Lieu,
sur quarante individus mordus, quatre trouvaient la mort peu de temps
après (1); c’était la situation avant l’utilisation du sérum de Calmette. En
1907, Calmette rapportait que la sérothérapie permettait de réduire la mortalité due aux envenimations
par les morsures de serpents (6).
Un
siècle après la découverte de la sérothérapie, la production des antisérums
reste insuffisante et leurs qualités inconstantes (7). Deux objectifs ont
besoin de trouver pour chacun une solution meilleure:
–
Quantitativement, la production devrait
satisfaire les demandes, à un prix de revient acceptable.
–
Qualitativement, l’efficacité
neutralisante et la possibilité d’utiliser la voie intraveineuse sans
inconveniences due aux effets secondaires ou aux réactions adverses (de types
anaphylactiques) sont des objectifs demandant une solution effective.
A
présent, dans le cadre de la santé publique du pays, il reste toujours à
résoudre le problème des morsures de Naja
que Calmette a ouvert la voie à la solution. L’incidence des accidents due à
ces espèces de cobra est la plus élevée, avec une mortalité bien supérieure à
celles causées par les autres serpents de la région.
Naja kaouthia, avec un
seul “monocle” sur la nuque, est le serpent local le plus répandu et la
composition de son venin est déjà bien documentée (8). Le composant léthal est
une neurotoxine post synaptique occupant 20 à 30% de la totalité protéique du
venin (8). Nous avions isolé ce composant et l’utiliser comme un immunogène
afin d’étudier un nouveau protocole d’immunisation visant à satisfaire
l’objectif quantitatif, avec d’autres raisons associées qui seront discutées
après.